
Les Kanjis sont les créatures imaginaires qui peuplent mes tableaux depuis le commencement. Elles me sont apparues dans un rayon de lumière et je les ai fixées sur la toile. Je leur ai construit des maisons, des rues, des fleuves, des villes. J’en ai fait des tableaux, des dessins, des sculptures, des films. Je les ai transportées dans tous les paysages qui m’étaient familiers.
Ces personnages interrogent la place de l’être humain dans un monde qui le dépasse. Sans visage, dépourvus de traits distinctifs, de genre ou de statut social, ils n’appartiennent à aucun groupe ni à une époque précise. Anonymes, sans identité, nous n’avons d’eux que des silhouettes, des formes élémentaires dans lesquelles le spectateur peut se reconnaître et projeter ses propres émotions, son vécu et ses questionnements face au monde
